Mathieu Boucher Côté

l'oeuvre : La valse de Marilyn
Le sujet : L’avant-garde technologique dans l’œuvre de Claude Roussel

L’avant-garde technologique dans l’œuvre de Claude Roussel

Le Département des arts visuels de l’Université de Moncton a été fondé par Claude Roussel en 1963, alors que celui-ci y était artiste en résidence. Roussel a été professeur de sculpture de 1963 jusqu’à sa retraite en 1993. Ce département, d’abord dirigé par Roussel, a contribué et contribue encore au développement des arts visuels à Moncton et en Acadie. Claude Roussel a été parmi les premiers à croire fermement en une communauté artistique épanouie en Acadie.

En plus de son engagement à titre de professeur, il poursuivait sans relâche sa pratique en tant qu’artiste, dans laquelle l’expérimentation des matériaux était centrale. On lui connaît notamment des œuvres en plastique moulé, en résine coulée et des toiles en relief. Ses explorations des procédés de fabrication commerciale ont également été intégrées à son enseignement et ont contribué à élargir la variété des techniques abordées dans le cadre du programme d’études en arts visuels.

Claude Roussel devant une de ses œuvres en plastique moulé (1977). Photo : Centre de documentation de la GALRC

La valse de Marilyn

L’œuvre de Mathieu Boucher Côté s’inscrit dans la continuité des réflexions de Claude Roussel en faisant écho aux technologies avancées de l’époque (années 1970) utilisées par ce dernier. Boucher Côté emploie à son tour une technologie actuelle pour créer une pièce sculpturale : des logiciels générateurs de scripts paramétriques (Grasshopper et Rhinoceros 3D) et une découpeuse au laser. L’œuvre fait référence principalement aux œuvres géométriques et colorées de Roussel telles que Hommage à Duchamp et Marilyn (1975) ainsi que La valse des chromosomes (1976). C’est à partir de ce corpus que sont déterminées les couleurs des pièces en plexiglas et les formes fluides qui y sont perforées.

Ces éléments sont installés sur un socle en bois massif qui renvoie discrètement aux fondements de la pratique de Roussel, soit la taille directe sur bois. La relation entre la base et les éléments avant-gardistes de l’œuvre se veut également un lien entre les deux artistes : d’une part, on y perçoit le cheminement artistique de Roussel et, d’autre part, on peut y voir la rencontre des univers de Boucher Côté (l’architecture et les arts visuels).

Logiciel informatique de modélisation employé par l'artiste.

Bien que les technologies utilisées soient spécialisées [...], l’œuvre de Boucher Côté permet de concevoir le potentiel créatif de leur rencontre avec les disciplines artistiques.

Bien que les technologies utilisées soient spécialisées et exigent un certain niveau de connaissances pour être comprises, l’œuvre de Boucher Côté permet de concevoir le potentiel créatif de leur rencontre avec les disciplines artistiques. On conçoit enfin une continuité entre le prédécesseur et son successeur dans la mesure où Boucher Côté investit davantage la troisième dimension que ne l’a fait Roussel dans les œuvres citées.

L’artiste tient à remercier Claude Roussel et Julien Lebargy pour leurs contributions au projet.

La valse de Marilyn (détail), 2018, feuilles d’acrylique découpées et gravées au laser sur socle en bois d’épinette

Mathieu Boucher Côté

Architecte de formation, Mathieu Boucher Côté réalise des projets de recherche-création qui relèvent autant du domaine des arts visuels que du domaine de l’architecture. La relation entre l’humain et l’environnement se retrouve toutefois au cœur de ces deux démarches. Ses réflexions se concentrent principalement sur l’évolution et l’application architecturale et artistique des matériaux et des techniques de construction. Fondamentalement interdisciplinaire, son approche privilégie tant la conception assistée par ordinateur que les méthodes analogues ainsi que la rencontre de ces procédés de fabrication.

Originaire de Québec, Mathieu Boucher Côté est titulaire d’une maîtrise en architecture de l’Université Laval ainsi que d’une maîtrise en sciences portant sur l’innovation dans la construction en bois. Il a également suivi des cours en sculpture à l’Université Laval et à la Maison des métiers d’art de Québec.