Dominik Robichaud

l'oeuvre : Birth Labyrinth I (prénatal) / Birth Labyrinth II (postpartum)
Le sujet : Les espaces parallèles (maternité)

Les espaces parallèles (maternité)

Certains acteurs et actrices du milieu artistique de Moncton voyaient la nécessité de créer des lieux alternatifs de diffusion des arts afin d’augmenter l’offre et de contribuer au foisonnement de l’art contemporain en Acadie. Plusieurs lieux d’exposition non subventionnés ont ouvert leurs portes au fil des années grâce à l’initiative de personnes déterminées qui ont fait preuve d’une grande débrouillardise. Parmi ces initiatives, on retrouve Le Clapet (années 1960), la Galerie Explosion (1975-1976), la Galerie Trunk (1996-1999), la Moo Moo Morte (années 1990), ainsi que la mini-galerie de Radio-Canada (1973 à 1993).

Des artistes devant Le Clapet (vers 1972-1973). Photo : Centre de documentation de la GALRC

Les œuvres réalisées par Dominik Robichaud pour Images rémanentes proposent une relecture du sujet des espaces parallèles de diffusion des arts visuels. Ce projet pose un regard vers le passé, ou plutôt vers une négligence du passé : celle d’accorder une place à la maternité comme sujet abordé et reconnu dans les arts visuels en Acadie, comme bon nombre de sujets spécifiques aux réalités féminines. En même temps, l’artiste invite à tourner le regard vers l’avenir en créant un espace (conceptuel) qui permet et encourage une prise de parole par les artistes au sujet de la maternité. L’art est ainsi présenté comme un tremplin pour la réflexion, mettant en valeur le potentiel de l’interdisciplinarité.

Birth Labyrinth I (prénatal) / Birth Labyrinth II (postpartum)

Birth Labyrinth (prénatal) et Birth Labyrinth II (postpartum) constituent un dyptique. La première composante est installée au Centre de formation médicale du Nouveau-Brunswick et la deuxième à la clinique d'obstétrique de l'Hôpital Georges-Dumont. Ces œuvres abordent la maternité et l’univers médical qui l’entoure et offrent, par le biais des arts visuels, un nouvel angle d’approche de la question. Elles s’adressent d’abord au public directement concerné, c’est-à-dire les femmes enceintes ou nouvellement mères et leur famille, ainsi que le personnel médical qui les côtoie. Ce projet tisse des liens interdisciplinaires entre l’univers des arts visuels et celui de la médecine, nous invitant à reconsidérer l’apport de chacun aux réflexions liées à la maternité.

Birth Labyrinth II (postpartum) (détail), 2018, broderie sur robe d'hôpital et acrylique sur bois

Ces œuvres sont inspirées de l’expérience personnelle de Robichaud, ce qui est typique de sa pratique. Enracinées dans l’autobiographie, elles posent un regard analytique sur la réalité parfois angoissante de la maternité ainsi que sur les approches diverses de son traitement médical. Les deux composantes du diptyque témoignent respectivement des recherches approfondies réalisées par l’artiste sur les périodes prénatale (CFMNB) et postpartum (clinique d’obstétrique).

Birth Labyrinth II (prénatal) (détail), 2018, broderie sur robe d'hôpital et acrylique sur bois

Elles incorporent des objets et des images propres à l’univers médical moderne, juxtaposés à des symboles issus des pratiques traditionnelles (sages-femmes, doulas, etc.). Se retrouve ainsi, au centre de chacune des œuvres, une robe d’hôpital brodée d’un « labyrinthe de naissance », figure analogique d’une stratégie méditative qui peut accompagner la grossesse, l’accouchement et l’accueil du bébé. Les éléments entourant la robe évoquent différentes étapes de la maternité, illustrant la thématique de chacune des œuvres.

Ce projet tisse des liens interdisciplinaires entre l’univers des arts visuels et celui de la médecine, nous invitant à reconsidérer l’apport de chacun aux réflexions liées à la maternité.

Dominik Robichaud

Artiste peintre avant tout, Dominik Robichaud explore les notions d’autoreprésentation par le biais de recherches matérielles qui amalgament la peinture à d’autres médiums tels que le collage, le dessin, la céramique et l’installation. Robichaud se livre à une réflexion sur la mémoire et sa transmission en élaborant un univers qui lui est intime. Elle souligne les tensions et les parallèles entre dichotomies : le bien-être et l’angoisse, le silence et la turbulence, le masculin et le féminin. Le thème de la maternité, un fil conducteur de sa pratique artistique des dernières années, est traité selon une perspective résolument autobiographique.

Dominik Robichaud est diplômée du Département des arts visuels de l’Université de Moncton (2008). Elle a présenté plusieurs expositions solos, notamment Langage corporel (Galerie d’art Beaverbrook, 2013), Des abeilles et des oiseaux (Centre culturel Aberdeen, 2015) et Relief (Centre des arts et de la culture de Dieppe, 2017). Elle entretient également une pratique d’art-thérapie.