Luc A. Charette

l'oeuvre : Bonhomme de neige nord-américain classique
Le sujet : Les symposiums

Les symposiums

Le Symposium d’art/nature est une initiative du Département des arts visuels et du Département de sociologie de l’Université de Moncton, de la Galerie d’art Louise-et-Reuben-Cohen et de l’Association acadienne des artistes professionnel.le.s du Nouveau-Brunswick. Ses origines remontent à 1999 avec le premier symposium d’art actuel tenu à Moncton, nommé Attention, le mascaret ne siffle pas.

Depuis 2000, l’événement se tient à l’extérieur, dans le Parc écologique du Millénaire. Chaque édition permet à une dizaine d’artistes d’investir le paysage urbain et naturel par l’entremise d’interventions éphémères, d’œuvres permanentes et de performances qui invitent à réfléchir aux interrelations entre l’art, la nature, l’écologie et la société. Les traces laissées par ces symposiums constituent un musée à ciel ouvert dans le parc. Chaque édition met de l’avant une thématique globale mettant les arts visuels à la contribution du débat écologique afin de susciter la réflexion dans le cadre d’une programmation animée de conférences et de publications critiques.

Gerry Collins, Les portes françaises, Symposium Attention le Mascaret ne siffle pas (1999). Photo : Francine Dion (2000)

Bonhomme de neige nord-américain classique

Bonhomme de neige nord-américain classique de Luc A. Charette est une installation composée d’un réfrigérateur vitré à l’intérieur duquel se trouvent les vestiges d’un bonhomme de neige. En complément à ce dispositif énigmatique, un panneau au mur indique qu’il y avait jadis un véritable bonhomme de neige à l’intérieur, avant sa désintégration inévitable.

La première étape de la production de ce projet de Charette s’est déroulée devant public le 9 mars 2018 à la Galerie d’art Louise-et-Reuben-Cohen, alors que l’artiste créait le bonhomme de neige pour l’intégrer dans le réfrigérateur. Lors de cette rencontre conviviale, l’artiste révélait à son auditoire la signification derrière chacun des matériaux employés : le balai de sorgho, les biscuits Oreo, les branches d’érable, le foulard olympique canadien, la carotte « de Luc », le haut-de-forme en peau de castor et les galets du fleuve Saint-Jean. Malgré les airs ludiques de sa performance, Charette démontrait ainsi que ses choix étaient délibérés et réfléchis. Chacun des éléments constitutifs de l’œuvre est rattaché à des symboles profondément ancrés dans l’histoire coloniale, la culture matérielle et l’histoire personnelle de l’artiste.

Cette installation sculpturale fait valoir le patrimoine immatériel des pratiques folkloriques populaires en plus de stimuler la réflexion sur la précarité de l’équilibre écologique.

L’œuvre conceptuelle Bonhomme de neige nord-américain classique recontextualise cette forme iconique de l’art populaire qu’est le bonhomme de neige en l’insérant dans un discours critique propre à l’art actuel. L’installation souligne l’aspect éphémère du bonhomme de neige par son absence. Elle conserve les traces de ce qui a été mais qui n’est plus, et met ainsi de l’avant l’impermanence de l’art nature. Cette installation sculpturale fait valoir le patrimoine immatériel des pratiques folkloriques populaires en plus de stimuler la réflexion sur la précarité de l’équilibre écologique.

Bonhomme de neige Nord-Américain classique, 2018, réfrigérateur, objets divers et panneau encadré

Luc A. Charette

Luc A. Charette est fasciné par les mécanismes visuels qui habitent la culture populaire et la cyberculture. Sa pratique traverse plusieurs disciplines telles que l’installation sculpturale, le montage photographique, l’image numérique et la peinture. Il condense diverses techniques et divers codes visuels pour élaborer des œuvres hybrides qui mettent à l’épreuve nos systèmes de représentation contemporains et qui touchent, par la même occasion, à des préoccupations d’ordre conceptuel telles que le temps, le langage et l’identité.

Charette est titulaire d’un baccalauréat en arts visuels et en éducation de l’Université de Moncton (1978) et d’une maîtrise en beaux-arts de l’Université Laval (2003). Son travail a été présenté dans le cadre de nombreuses expositions individuelles et collectives, entre autres au Musée du Nouveau-Brunswick, à la Galerie d’art Beaverbrook et au Centre des arts de la Confédération. Il a été finaliste du Prix Strathbutler (2009) et a remporté le titre de l’Artiste de l’année en arts visuels aux prix Éloizes à deux reprises (2004 et 2015).